Le poêle de mariage de Montauban

Parmi la collection des fontes ornementales, le plus ancien poêle porte le millésime 1744 et a été coulé aux forges de Buzenol. Sur la colonne de chauffe apparaissent de nombreux décors, dont les initiales L.H. – M.P.  Ces lettres, également présentes sur un autre poêle appartenant à l’Institut archéologique d’Arlon, ont été déchiffrées. L.H. seraient les initiales de Lambert Henumont, qui aurait été fondeur, à cette époque, au fourneau de Buzenol  et  M.P. celles de Marie Protin, son épouse.

Au-dessus de la porte foyère, deux tableaux illustrent très naïvement un couple de mariés se tenant par la main et une évocation de Bacchus. Tandis qu’il boit d’une main, l’homme, chevauchant un tonneau, tend l’autre à un petit personnage qui aussitôt remplit sa coupe. L’inscription « BAQV SE PLAI A BIEN BOIRE » légendant la scène confirme une coutume qui précédait le mariage, celle de l’enterrement de la vie de garçon qui consiste en de joyeuses libations réservées à une société uniquement masculine ? Rien d’étonnant alors, que ce moyen de chauffage puisse représenter un cadeau nuptial !  Pour qui ? Nul ne le sait mais une autre paire d’initiales épigraphiées P.S. – E.P, pourrait être celles des fiancés.

Les autres ornements présents corroborent cette hypothèse. 

Tout feu est perçu comme intermédiaire aux forces du mal ; aussi, plusieurs symboles de protection païens (les rouelles), religieux (le trigramme du Christ) ou politique (l’aigle bicéphale de l’Empire autrichien qui, d’ailleurs, confirme la datation) en appellent à toutes les protections susceptibles d’épargner au couple les rigueurs de la vie. Un pampre garni de lourdes grappes de raisin annonce la fertilité.  Quelques putti empruntent les traits de Cupidon, le dieu de la passion. Ne les appellent-on d’ailleurs pas des Amours ?

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